Le terrorisme et la plus-value de l’Union

Après d’intenses négociations, le Parlement européen a adopté une résolution énumérant les domaines d’actions prioritaires dans le cadre de la lutter contre le terrorisme et la radicalisation en Europe. Parmi les grandes mesures avancées nous retrouvons la nécessité de briser le cloisonnement à l’échelle nationale des informations déjà connues. En refusant d’échanger l’information, nous en perdons. Les États membres doivent aujourd’hui franchir un pas supplémentaire en donnant à l’Union européenne les moyens pour qu’elle puisse combattre ce fléau qui dépasse nos frontières, notre continent.
Face au caractère international de la menace, il serait contreproductif voire même dangereux de se cloisonner à l’échelle nationale en rétablissant les frontières intérieures. L’Europe n’est pas le problème mais bien la solution. Nous devons impérativement consolider la logique européenne pour renforcer notre sécurité commune aux frontières extérieures de l’Union.
Nous ne devons pas céder à la peur. La collecte des données est essentielle tant qu’elle s’avère nécessaire et dans les limites du respect à la vie privée. Je m’opposerai donc fermement à la création d’un « big brother européen ». Toutefois, il ne faut pas être naïf, l’information est la matière première de la lutte contre le terrorisme. Nous devons donc établir un cadre qui garantit cet équilibre. Je salue la décision du Parlement européen visant à s’atteler au dossier des données PNR tout en réaffirmant son engagement pour la protection des données.
Il est enfin important de garder à l’esprit qu’à long terme la lutte contre le terrorisme doit par essence se traduire par des politiques transversales, volontaristes, préventives et inclusives comprenant l’ensemble des niveaux de pouvoir. Comme Irina Bokova (Directrice générale de l’UNESCO) l’a très justement souligné « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix »