Quelle grande victoire au Parlement européen après un vote sur le dossier relatif aux minerais provenant de zones de conflit

Quelle grande victoire au Parlement européen après un vote sur le dossier relatif aux minerais provenant de zones de conflit. En adoptant massivement les deux amendements de compromis que j’ai déposé, nous avons formulé une proposition ambitieuse, réaliste et humaniste. Le Parlement européen impose, au minimum, à chaque entreprise de la chaîne d’approvisionnement l’obligation de déclarer ses fournisseurs directs afin de garantir la traçabilité et la transparence dans le commerce des minerais et des métaux. Nous garantissons ainsi que nos GSM par exemple ne sont plus composés de « minerais de sang ». Nous refusons que le marché européen contribue au financement de groupes armés qui déstabilisent des régions entières en commettant les atrocités les plus abjectes.
Au-delà du caractère noble et humain, la position du Parlement européen est économiquement viable. L’éthique de nos entreprises européennes ne nuira pas à leur compétitivité car la proposition ne crée aucune surcharge bureaucratique et évite des situations de concurrence déloyale.
Il s’agit là d’une étape additionnelle à un combat qui s’est inscrit dans le temps. Dès 1999, je m’étais personnellement investi dans le Processus de Kimberley qui vise à mettre un terme au commerce de « diamants de la guerre ». Depuis 2010 je n’ai eu de cesse de demander à la Commission européenne de proposer une législation européenne similaire au « Dodd Frank Act ».
En adoptant mes amendements, l’Union européenne renforcera son rôle d’acteur de paix, de liberté et de prospérité. En rendant son marché européen « propre » elle contribuera à influencer la donne sur la scène internationale. Le Parlement envoie un signal volontariste au Conseil plutôt qu’une version dérisoire, inefficace et une ambition « pelliculaire ». Ce règlement ne sera efficace que s’il induit des changements significatifs dans les pays tiers. C’est pourquoi, l’UE doit mettre en place une approche intégrée visant à renforcer le dialogue politique permanent avec les pays tiers pour promouvoir l’application du devoir de diligence au niveau international.