Vote en plénière sur le TTIP

Nous avons voté aujourd’hui à Strasbourg, une résolution du Parlement européen fixant les conditions à l’adoption du TTIP. Ce texte contient les lignes rouges impératives à imposer aux négociateurs. Le rejeter dans l’état actuel serait un acte irresponsable non fondé. Je refuse de m’inscrire dans une spirale négative alimentant la diabolisation malsaine qui minimise les vrais enjeux du TTIP. Il est indéniable que le TTIP aura des retombées positives tant sur le plan géopolitique qu’économique. Ces dernières sont estimées à 119 milliards d’euro pour l’Union européenne et 95 milliards pour les États-Unis. De plus, trop souvent la volonté d’établir des normes communes avec les États-Unis est critiquée à tort. Pourtant il s’agit là d’un élément bien plus positif que négatif. Le monde change, c’est un fait. Mais l’Europe considère trop souvent sa puissance comme acquise. Or la montée fulgurante de nouvelles puissances mondiales vient directement nous concurrencer. Nous devons créer un bloc qui partage les mêmes valeurs et les mêmes normes. Si nous restons à la traine en freinant notre ancrage dans le monde, d’autres comme la Chine ou l’Inde le feront à notre place et dicteront à terme leurs normes sur la scène internationale. Si nous ne renforçons pas nos normes aujourd’hui avec les États-Unis, avec qui pourrons-nous le faire demain ? Ce n’est qu’ensemble que nous serons suffisamment forts pour maintenir nos normes à l’échelle mondiale et éviter la course vers le bas.
Toutefois, je refuse de faire preuve d’angélisme ou de naïveté. Cette volonté de créer des normes communes ne peut avoir pour résultat un abaissement des nôtres. Il était donc essentiel que notre assemblée se positionne clairement afin d’encadrer les négociations en cours. La résolution souligne une série de conditions dont j’ai, aux côtés de Frédérique Ries et Gérard Deprez, contribué à l’élaboration.
Ce texte retrace également une série d’éléments que notre commissaire libérale, Cecilia Malstrom, a déjà soulignés à plusieurs reprises. Il n’est pas question de manger du bœuf aux hormones ou du poulet chloré. Nous ne sommes pas prêts à sacrifier nos normes de sécurité alimentaire, de santé, nos normes sociales et environnementales, nos normes relatives à la protection des données ou encore notre diversité culturelle. Ce qui est interdit aujourd’hui le restera demain. Il n’est pas question non plus de limiter un tant soit peu la capacité de l’Union européenne et des États membres à légiférer ou encore de privatiser nos services publics. Il est tout simplement faux de dire que les clés législatives seront données aux différents groupes de pression. Ces raccourcis sont basés sur une instrumentalisation idéologique malsaine qui asphyxie aujourd’hui débat démocratique. Afin d’éliminer tout doute, je me suis clairement positionné contre le système d’arbitrage, connu sous le nom d’ISDS, tel qu’il fut initialement proposé par la Commission européenne. Une nouvelle Cour internationale, comme proposée par la Commissaire, est plus adéquate, légitime et démocratique permettant d’assurer la supériorité du droit démocratique.
Je me réjouis donc que le Parlement européen ait pu dégager une large majorité, comprenant l’ensemble des grandes tendances politiques, afin de s’assurer que le produit final des négociations soit un TTIP vertueux